13 mai 2020.  Bilboquet de  Odile Pouchol.

 La vie s'échappe

Je la ramène

Sur son socle

Mes pensées partent

Je les attire vers l'arrière

Je tends la main

Le poids du monde 

S'y blottit

 

 

18 mai 2020. un homme une femme de Thomas Màsp

 je vois souvent

un homme

une femme

l'un ou l'autre, jamais les deux

promenant les mêmes enfants

et je me dis

qu'ils vont si bien

ensemble

 

30 mai 2020.  Sans titre de Philippe Bouret

La poésie

partout

qui le regarde

 

Il plonge ses mains

dans la tâche noire

de l'image

elle

ne le voit pas

 

une goutte

de folie

au creux

de sa paume nervalienne

s'évapore

 

Puis plus rien

"Le bonheur passait,-il a fui !"

 

6 juin 2020. Canopée rose de Isa Escande

Sous les arbres

Au Japon

Un matin nippon

Vision féérique

Instant unique

Au-dessus de ma tête

Carnation irisée

De pétales rosés

Couleurs dragées

Cuisse de Nymphe

Voile foisonnant

Ciel entourant

Mon coeur ébloui

Ouvert à l'infini

Reflet magique

Miroir magnifique

Suspendant le temps

Durant un instant

Sous l'immaculée Canopée

Des pensées de douceur

Ont effleuré mon coeur

Et je suis restée

La tête levée

Vers ces cerisiers

Longuement à rêvasser

À un ange ailé

Qui viendrait m'unir

Sous ce dais enchanteur

À toi l'homme bonheur

Qui serait là enfin

Pour sceller nos destins

Dans un baiser sans fin.

 

12 juin 2020, de  Ina

Pont de l'Isère

Un ballet de voitures incessant

Nostalgie à la fenêtre

 

Ma fille -

Son sourire est un croissant

de Lune

 

19 juin 2020, de F.C.

Chaleur de l'entre-deux-corps

Remplacée par rien

Peu importe qu'il fasse beau

 

Quel calore del fra-due-corpi

rimpiazzato da niente

poco importa se fa bel tempo

 

10 août 2020, de Narimane Rahdoun ( extrait)

Petite mésange s'accorde le droit de vivre pleinement sa vie de petite fille dans sa vie intérieure.

Coeur brisé, elle revit les tourments de sa fine existence et ne peut s'empêcher de s'extraire de cette terrible réalité, ingrate et loin d'être passagère.

C'est la déchéance d'un conte de fée, la dissolution d'une vie réelle qui prend chair dans un imaginaire riche en couleurs

 

29 août 2020, de Marie-Philippe Deloche

Fenêtre ouverte

Ciel traversé de nuages

Samedi gris

Solo

 

Fragmentations

Décomposition

Je lis

Attends

 

Bonheur sensible

 

10 septembre 2020 de Anonyme

Je te sens dans mon cœur

Je te sens dans mon âme 

N entends tu pas mes bras, qui te réclament ?

 

Je suis une mère, sans enfant...

 

Tel un hêtre, j ai des racines

La sève coule dans mes veines

Pourquoi mes branches sont assassines ?

 

Je suis une mère, sans enfant...

 

Ton absence déborde de ma chair

Et m obsede à présent

Espérance d un être cher ?

 

Je suis une mère, sans enfant...

 

24 septembre 2020, de Evelyne Gabrielle Bouton

 L’étang dormant

 

Visibles et invisibles

Tangibles et intangibles

Etalées, élancées

Arrondies, effilées

Droites, recourbées

Plane, ridée

 

Obscurité, clarté

Yin et Yang illustrés

Vestiges d’une langue oubliée

 

Au cœur

Nouvellement   née

La fleur nue

phare de la beauté

 

2 novembre 2020. de Cristina Botta

- Miroir-enfant:
 
Regarder
d’un nuage 
garé où le soleil 
crie son absence.
 
Regarder
sans voile 
comme un corps 
suspendu à la pudeur.
 
Regarder 
dans le miroir 
qui trace la fin 
de l’enfance.
 
Je suis disparue 
derrière 
la mensonge de la vie.
 
 
- Specchio-bambino:
 
Guardare 
da una nuvola 
parcheggiata dove il sole 
grida la sua assenza.
 
Guardare
senza velo
come un corpo 
sospeso al pudore.
 
Guardare 
nello specchio 
che traccia la fine 
dell’infanzia.
 
Io sono sparita 
dietro
la menzogna della vita.

 

11 novembre 2020. de Clémentine Derive 

Kaboul  

Les grilles de fer où se cache la beauté,  

 Des visages purs par des pierres lapidées.   

Le sang versé par tous ces hommes armés,

La liberté vaincue par soif de cruauté, 

L'injustice quotidienne des épouses brimées, 

 Les paroles asphyxiées par les fumées des bombes projetées, 

 Les corps qui saignent sous les fusils pointés, 

Les femmes armées par force enrôlées.   

Ta ville  est teinte en rouge, ton ciel incendié, 

Kaboul, tu te relèves de tes blessures, ton silence sans armure est un cri 

Plus fort que celui de  la  vengeance terrible, ta religion bafouée,  

 Tes larmes insoumises bravent  les supplices endurés, 

Ta force est sans mesure, ton sourire a pitié lorsque tu  regardes les gueules de barbares,

Avec leurs  poings levés, ignobles, la haine pour seule réponse à toi qui n’a rien demandé,  

 Tu es belle dans ta rage de vivre ; ta résignation ne trouve que de nom, celui de ton pardon, 

Le chemin que toi seul connaît vers la résurrection.