10 octobre 2021. Sommeil sans mémoire, de Jean-Pierre Bachy :

Le temps inexorablement avance son horloge
Égrenant de ses doigts minutes et secondes
Aiguilles déréglées du cadran de nos vies
 
Pourquoi le temps si court déjà le jour décline
Pourquoi le temps si long où le sommeil s'incline
Sur le versant obscur des rêves interdits
 
La fin est-elle un rêve interdit lui aussi
Un délire opposé au néant sans mémoire
Par un fou momifié encore vivant quand même
 
 
19 septembre 2021. De Bertrand Ogereau :
 
S'envoler sans rien dire
Seul dans son sommeil
Son réveil
À oublié de lui sourire.
 
Un, deux
Cinquante, son âge, quatre vingt
Ni maître, ni dieux
Mon collègue n'a plus de vin.
 
Lui, c'est rhum, humeur
À chaque heure
Beaucoup de sueurs
Jaune et vert, était son habilleur.
 
L'écriture, jet, est ré apparue
Avec une énième mort,
Et aux retours des questions, interrogations, admiration, des phrases bouleversantes de certains lecteurs......
 
Pour mon W. l'ourson
La liste augmente
La chance
Je monte la pente.
 
 

10 septembre 2021. De Gilbert Bourson :

Signes du temps

            L’homme ne désire pas connaître mais sentir infiniment.

                                                     Du « Zibaldone » Leopardi 

Toutes salves d’envols, les raclements de fonds,
les sicav du temps, l’œil grégeois du passeur
qui se rince dans la presbytie du cresson ;
l’ascidie des rosées, les monnaies du déjà
que l’automne réforme, froisse et dévalue ;
les ruines qui ont pris la couleur du présent,
où la mode poudroie ; le ventre de levain
des hirondelles qui aguichent les moulins ;
les claques sur les croupes des filles, les ponts
penchés sur le couvent séculier du courant
où les nonnes de l’eau se lavent retroussées ;
la chitine du jour qui retombe en poussière.
Toutes les simagrées du réel nous requièrent,
éveillés à de sidérantes injonctions.

 

4 juin 2021. De AM Cappelli :

Poèmes- flash

Insultes
Cœur broyé
Naufrage;
 
meurtrières injonctions
Dévastée 
L'enfance.
 
 

30 mai 2021. De Frédéric Giroud :

Pour écrire il me faut
        rêver à qui je vais parler

Ensuite imaginer dire
        ce que je vais écrire
                à cette personne très précise

Mais à ce moment là
       au tout début
              je ne sais toujours pas
ce que je vais lui dire

Et c’est bien normal
       car on ne se connait pas encore

Quand cette personne rêvée
       acquière suffisamment de présence
pour se tenir bien en face de moi

alors il s’agit d’attendre
       dans un silence un peu gêné

On est là          à s’observer
        face à face             dans le silence
Nos regards se croisent parfois

Le silence s’alourdit
        jusqu’à ce que
               je ne puisse plus garder
                              la bouche fermée
                                             une seconde de plus

J’ouvre la bouche
                     je respire enfin
                                    une sottise a été dite

 

24 mai 2021. De Pascale Mayou :


Reliées nous étions
 
Temps passé
L’on ne vit que passant
A peine respiré
Et déjà passé l’an
 
J’ai quitté la chambre
 
Elle reliait le soin au cœur
Le poison qui guérit mais qui tue aussi
Abandonnée
Définitivement
 
J’espère
 
C’est une souris, petit corps
Longue queue fine
Où coule la médecine
Guéris, loin la mort
 
Plus besoin d’elle
Bonne nouvelle
A la poubelle !
 
Et le temps long pour s’en défaire
Une chambre à soi hein Virginia
L’intime, l’apaisement nécessaire
Et la solitude, le face à soi
 
Bien implantée
Sous la peau
Je l’ai quittée,
Pas trop tôt !
 
Reliées nous étions
Et pourtant
 
Abandonnée je l’ai
Quittée même, sans vrai regret
Pour tant de temps
Présent, futur même imparfait
 
alors je prends,
tout et davantage
la course des nuages
la lum!ère,

et la vie alentour

 

18 mai 2021. Sauvetage, de Céline Bonnaterre :


Des profondeurs de mon antre viscérale
S’élève une voix à l’écho cathédrale.
Je me défais de ma rouille, et de ma résignation,
Mes os ont cessé de grincer.
Mes maux devenus légèreté  se sont envolés
Comme une nuée de lucioles éclairées.
Non je ne suis pas le Titanic !
Je ne laisserai pas mon squelette à la merci des poissons scies,
A la férocité des dents de requins marteaux ;
J’assemble mes nouveaux os, j’enfile ma nouvelle peau
Et je sors de ces eaux noires qui m’engloutissaient.
A moi les ritournelles endiablées, les valses effrénées ;
Je renais de toutes mes voiles, je danse avec le vent
Un miracle s’est produit !

 

27 avril 2021. Mots (sans trop) de maux, de Carol Contois :

 
J'ai tout abandonné 
Me suis bien reposée 
Sous un joli pommier
Dans une belle forêt 
Et même dans les musées 
Cherchant toujours l'idée
D'une belle liberté 
En oubliant les clés 
Des heures et des années. 
 
 

15-16 avril 2021. Seuil, d'Olivier Casalis :

Seuil
seul
l’œil, vif, rivé sur ce point obscur
d’où s’origine un monde
Vacillement de funambule
sur le fil entre matrice et regard
comme une tentation d’y retourner
statue de sel renonçant au pas
comme le regret d’un corps emboîté
totalitaire
Tyran terrorisé bouche avide, cruelle et sans pitié
bouche avalée
gant retourné
ni dehors, ni dedans

Mort-né

Seuil
y aller, seul
renoncer à la chambre
au trou dans la serrure
se détourner du lit où son corps gît
Saoulé de paroles divines
s’échapper, fuir, trouver une planque
couper le fil du téléphone
respirer et voir l’horizon
au radeau des montagnes
Seuil, le franchir, seul
ouvrir la porte, et pointer sa tête hors du défilé
les yeux ébahis sur un monde glacé, blanc

Pousser un cri
celui qui instaure l’appel
une attente
un élan
vers d’autres bras
que mes mains viendront chavirer
Chaleur d’une peau à mots
comme un manteau
sur la nudité brute

Déchiffrer le monde énigmatique
jusqu’à la spirale
lumière et voile concomitants
Larguer l’amarre sans renoncer au port
lesté d’histoires incontournables
mais tenant la barre
singulièrement
en ce monde encore peuplé humainement
douce espérance
habitée en mémoire d’avenir
immer noch

 

2 avril, de Christiane Genet :

 

De celle qui partit à Cuba
Il ne reste rien
Seulement un esprit libre
Peu connu
Pas besoin d'être célèbre 
 
Il suffit
D'avoir du confort
Un bon lit
Du silence la nuit
Le jour de la sécurité
De l'herbe sous les pieds
Des arbres en fleurs Plein les yeux
 
Passe le temps
Demain viendra comme hier
Égal sans grumeau
Une blédine onctueuse
Dans le bol de la vie
En douce dans la bouche
 
Me fondre dans mes pas
Un deux trois quatre
Recommencer
Chaque pied se déploie En comptant l'avancée 
Le possible de la marche
Cela suffit
À la roturière que je suis

 

26 février, de Nelly Sanchez :

Ce matin

Je prends langue avec le ciel
Et je le goûte de syllabes 
En silence. 
 
J'ai ouvert la boîte en os
Où gitait mon désir. 
Le vertige grisant
De la première course.
Du premier cri. 
Toujours le premier :
L'écho est sans mémoire. 
 
 

8 février, de Marie-Philippe Deloche :

 

Je t’enchaîne à ma bourrasque

Pour que s’élèvent  avec nos corps

Les mots qui sonnent dans le brouillard

Le chemin blanc de nos mystères

 

Des cloches, des trompes dans la brume

Un vaisseau fantôme qui vient

Élargir ma poésie à tes images

Mixer à ton art ma mesure

 

Nos démesures

 

 

25 janvier, de Jean-Jacques Mazet dit Madia :

Ding ding dong

L’enfant se réveille

Au son de ses rêves disloqués

Ding ding dong

L’enfant se lève

Dans un tumulte de drap

Ding ding dong

L’enfant mange

Boit son cacao

Ding ding dong

L’enfant s’habille

Dans une confusion de vêtements

Ding ding dong

L’enfant s’ébroue 

Dans une rue inhospitalière

Ding ding dong

La porte de l’école s’ouvre

Aux instructions découverte

Ding ding dong

L’enfant se jette dans les bras

Dans la sécurité de ses parents

Ding ding dong

L’enfant joue

Ne veux pas faire ses devoirs

Ding ding dong

Le sommeil l’étourdie dans son lit

Le jette dans les rêves… trois notes de musique

 

16 janvier. Rayures noires, rayures blanches de O.P.

Tu avances dans la vie avec l’attribut incertain
De ta difformité invisible
Tout te blesse
Tu marches sur des éclats de verre
Décalé
Inutile
Excessif
Insuffisant
Coupable de tout
Au fond tu sais bien qui tu es
Quasimodo

Tu griffes par peur d’être griffé
Tu comprends avant que l’on t’explique
Tu ne comprends pas tout
Tu veux apprendre
Tes pensées et tes paroles se précipitent
Tu attends des réponses impossibles
Tu comptes encore sur tes doigts
Tu t’ennuies, tu t’ennuies
Trop pour toi, pas assez
Tu voudrais parler, parler
A tous ces sourds

Tu cherches ton alter ego
Pas d’écho
Tu aimes qui ne t’aime pas
Ta tristesse est gaie
Ta gaîté triste
Tu étonnes
Tu agaces
Tu fais rire
Tu vois à travers les murs
Tu trébuches sur ce qui est devant toi
Tu es une peau qui grésille
Tous les chagrins te transpercent
Le bruit aussi est une aiguille fine

Tu te racontes aux animaux
Aux insectes, aux brins d’herbe, aux nuages
A la lumière du soir
La beauté te transporte
Tu écris
Tu dessines, tu peins, tu inventes
Tu trouves à tâtons ce que tu possèdes déjà
Une bougie dans la caverne
Le dedans est trop grand
Le dehors t’emprisonne
Sous l’emprise absolue de tout ce qui t’émeut

Dans ce voyage au long cours
Sur d’étranges montagnes russes
Tu marches en crabe
Tu sautes, tu cours, tu glisses
Et tout au bout tu te redresses
Tu avances droit
Tu la regardes enfin dans les yeux
Sans haine
Ta fondamentale
Différence.

 

12 décembre, de Christiane Genet :

Le filet a des trous
Il laisse passer
Ta mauvaise humeur
Il trie tes questions
 
Le filet en fil d'or
Emmêlé à sa blonde chevelure chuchote
 
Le filet de l'amour percé
L'eau s'agite
Les écailles des attentes
S'emmêlent
Aux rayons de lune
 
La nuit s'enfuit
Par la porte du rêve
 
Reste le filet
Des riens n'est plus
Comme avant
Va et vient de la musique
Dans la salle d'attente du docteur
 

 

11 décembre. La rage de l’écarlate, de Jean-Jacques Mazet, dit MADIA :

Robes écarlates

Étoffe tombante et légère

Qui couvre l’autorité de splendeur

Seule les brises peuvent les talonner

La projection de sa couleur

Dans l’espace des subordonnés

Vision de la force couleur sang

Sang du pouvoir

Sang de l’ordre

Sang de l’opposition enragée

Sang qui bouillonne devant le dictat

Sang qui coule pour que raison se fasse

Sang hémorragique épanché sur le pinacle de l’ordre

Sang de la rage du peuple expulsant ses peurs

Sang contre sang

Même couleur écarlate

Dans les mêmes caniveaux

Confusion de causes incertaines

Victoire des uns

Défaite des autres

Victoires écarlates

Défaites écarlates

 

4 décembre. Le garçon sur le toit, d'Odile Pouchol :

Il est allongé sur le béton du toit au dessus de la ville

Les yeux  grand-ouverts dans le noir

Il sent la dureté du sol et les petits cailloux

Qui creusent la peau de son dos

Il regarde les étoiles

Et voudrait monter jusqu’à la source de leur éclat

Puisqu’elles l’appellent

 

Il sent à présent qu’il se dilue

Comme un immense  buvard  tacheté la nuit l’absorbe

Il n’a plus de nom

il n’a pas de contours

Il est tout juste encore un peu 

Il regarde l’étoile la plus brillante

Dans la constellation de la Lyre

Et il s’en va.

 

28 novembre 2020.  La Belle Étoile, de Jean-Michel Veuillen :

Il existe une Étoile d'une immense attraction,
Où règnent l'élévation et l'évocation.
Un Monde enchanté se cache derrière son horizon,
Où le voyageur imprudent découvre une Fée.
 
C'est un Monde où le Temps n'a plus cours,
Où paisibles et heureux coulent les jours,
Où tout est joie, bonheur et Amour,
Et dont nul ne peut s'échapper.

 

18 novembre 2020 de Cristina Botta, et traduit de l'italien par l'auteure :

Habillés par cette nuit
la fenêtre fermée
où le ciel
ne répond plus
 
   Une trace de tendresse 
   qui parcourt l’abîme 
   qui nous sépare 
   de l’éternité.
   
 
 
Vestiti da questa notte 
   la finestra chiusa 
   dove il cielo 
   non risponde più 
 
   Una traccia di tenerezza 
   che percorre l’abisso
   che ci separa 
   dall’eternità.
 
 

11 novembre 2020. Kaboul, de Clémentine Derive :

Les grilles de fer où se cache la beauté,  

Des visages purs par des pierres lapidées.   

Le sang versé par tous ces hommes armés,

La liberté vaincue par soif de cruauté, 

L'injustice quotidienne des épouses brimées, 

Les paroles asphyxiées par les fumées des bombes projetées,

Les corps qui saignent sous les fusils pointés,

Les femmes armées par force enrôlées.   

Ta ville  est teinte en rouge, ton ciel incendié, 

Kaboul, tu te relèves de tes blessures, ton silence sans armure est un cri 

Plus fort que celui de  la  vengeance terrible, ta religion bafouée,  

Tes larmes insoumises bravent  les supplices endurés,

Ta force est sans mesure, ton sourire a pitié lorsque tu  regardes les gueules de barbares,

Avec leurs  poings levés, ignobles, la haine pour seule réponse à toi qui n’a rien demandé,  

Tu es belle dans ta rage de vivre ; ta résignation ne trouve que de nom, celui de ton pardon,

Le chemin que toi seul connaît vers la résurrection. 

 

2 novembre 2020. De Cristina Botta :

- Miroir-enfant:
 
Regarder
d’un nuage 
garé où le soleil 
crie son absence.
 
Regarder
sans voile 
comme un corps 
suspendu à la pudeur.
 
Regarder 
dans le miroir 
qui trace la fin 
de l’enfance.
 
Je suis disparue 
derrière 
la mensonge de la vie.
 
 
- Specchio-bambino:
 
Guardare 
da una nuvola 
parcheggiata dove il sole 
grida la sua assenza.
 
Guardare
senza velo
come un corpo 
sospeso al pudore.
 
Guardare 
nello specchio 
che traccia la fine 
dell’infanzia.
 
Io sono sparita 
dietro
la menzogna della vita.

 

24 septembre 2020. L’étang dormant, d'Evelyne Gabrielle Bouton :

Visibles et invisibles

Tangibles et intangibles

Étalées, élancées

Arrondies, effilées

Droites, recourbées

Plane, ridée

 

Obscurité, clarté

Yin et Yang illustrés

Vestiges d’une langue oubliée

 

Au cœur

Nouvellement   née

La fleur nue

phare de la beauté

 

10 septembre 2020 de Anonyme :

Je te sens dans mon cœur

Je te sens dans mon âme 

N entends tu pas mes bras, qui te réclament ?

 

Je suis une mère, sans enfant...

 

Tel un hêtre, j ai des racines

La sève coule dans mes veines

Pourquoi mes branches sont assassines ?

 

Je suis une mère, sans enfant...

 

Ton absence déborde de ma chair

Et m'obsède à présent

Espérance d un être cher ?

 

Je suis une mère, sans enfant...

 

29 août 2020, de Marie-Philippe Deloche :

Fenêtre ouverte

Ciel traversé de nuages

Samedi gris

Solo

 

Fragmentations

Décomposition

Je lis

Attends

 

Bonheur sensible

 

10 août 2020, de Narimane Rahdoun ( extrait) :

Petite mésange s'accorde le droit de vivre pleinement sa vie de petite fille dans sa vie intérieure.

Cœur brisé, elle revit les tourments de sa fine existence et ne peut s'empêcher de s'extraire de cette terrible réalité, ingrate et loin d'être passagère.

C'est la déchéance d'un conte de fée, la dissolution d'une vie réelle qui prend chair dans un imaginaire riche en couleurs

 

19 juin 2020, de F.C.

Chaleur de l'entre-deux-corps

Remplacée par rien

Peu importe qu'il fasse beau

 

Quel calore del fra-due-corpi

rimpiazzato da niente

poco importa se fa bel tempo

 

12 juin 2020, d'Ina :

Pont de l'Isère

Un ballet de voitures incessant

Nostalgie à la fenêtre

 

Ma fille -

Son sourire est un croissant

de Lune

 

6 juin 2020. Canopée rose d'Isa Escande :

Sous les arbres

Au Japon

Un matin nippon

Vision féérique

Instant unique

Au-dessus de ma tête

Carnation irisée

De pétales rosés

Couleurs dragées

Cuisse de Nymphe

Voile foisonnant

Ciel entourant

Mon cœur ébloui

Ouvert à l'infini

Reflet magique

Miroir magnifique

Suspendant le temps

Durant un instant

Sous l'immaculée Canopée

Des pensées de douceur

Ont effleuré mon cœur

Et je suis restée

La tête levée

Vers ces cerisiers

Longuement à rêvasser

À un ange ailé

Qui viendrait m'unir

Sous ce dais enchanteur

À toi l'homme bonheur

Qui serait là enfin

Pour sceller nos destins

Dans un baiser sans fin.

 

30 mai 2020.  Sans titre de Philippe Bouret :

La poésie

partout

qui le regarde

 

Il plonge ses mains

dans la tâche noire

de l'image

elle

ne le voit pas

 

une goutte

de folie

au creux

de sa paume nervalienne

s'évapore

 

Puis plus rien

"Le bonheur passait,-il a fui !"

 

 

18 mai 2020. Un homme une femme de Thomas Màsp :

Je vois souvent

un homme

une femme

l'un ou l'autre, jamais les deux

promenant les mêmes enfants

et je me dis

qu'ils vont si bien

ensemble

 

13 mai 2020.  Bilboquet d'Odile Pouchol :

La vie s'échappe

Je la ramène

Sur son socle

Mes pensées partent

Je les attire vers l'arrière

Je tends la main

Le poids du monde 

S'y blottit